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2001
: " LATALANTE "
EST À NOUVEAU RESTAURÉE !
Bien quayant été
ovationnée au Festival de Cannes 1990, avoir été
diffusée et appréciée avec bonheur dans les salles
de Cinéma du Monde entier comme à la télévision,
saluée presquunanimement par la Presse et la Critique Internationale,
la version restaurée en 1990 de " LATALANTE ",
a également fait des mécontents et plus particulièrement
en France, où un certain nombre de fâcheux, ulcérés
de navoir pas pu participer à la renaissance du film de VIGO,
ont décidé, par un long travail de sape et des torrents
de mauvaise foi, de prendre un contre-pied radical sur le travail que
Pierre PHILIPPE et moi, avions effectué (en toute honnêteté,
en ce qui me concerne
).
Si seulement cette action avait été menée avec bravoure
et conviction pour protéger, voire corriger une quelconque trahison
vis à vis de luvre de Jean VIGO, je me serais bien
gardé de commenter cette croisade. Mais que nenni ! Trop de personnes
à lheure actuelle, se servent du nom de VIGO et influencent
sa Famille pour nassouvir que leur soif de pouvoir, leur ego, leur
compte en banque et leurs ambitions personnelles. Cest pourquoi
il me faut parler aujourdhui :
Ainsi, entre 1990 et 2000, dix années de persiflages à mots
couverts, dintrigues cachées, de sous-entendus douteux et
de rancurs aussi venimeuses que mal digérées, auront
été nécessaires à la CINEMATHEQUE FRANCAISE,
entre-autres, et à un obscur critique, traducteur et soi-disant
historien : Bernard EISENSCHITZ, ( Appartenant à cette caste
si particulière dont le " métier " consiste à
commenter verbeusement et/ou à critiquer le Cinéma en vivant
du travail de ceux qui le font, tout en se gardant de ne jamais approcher
de près comme de loin, une caméra, de la pellicule ou une
table de montage.) pour mettre au point une machination diabolique visant
à mettre au panier la restauration GAUMONT ©1990 de "
LATALANTE ".
À cet effet, lénergie dépensée par les
conspirateurs aura été impressionnante !
Jugez en plutôt :
Reprenant à leur compte lefficace et parfait travail effectué
par P.E. SALES-GOMES (" JEAN VIGO " Editions du Seuil
©1957) et Pierre LHERMINIER (" JEAN VIGO : UVRE
DE CINEMA " Editions Lherminier / Cinémathèque Française
©1985), qui restent les 2 seuls ouvrages valables écrits
sur Jean VIGO, un triumvirat dintellectuels de la plus déplorable
" gauche caviar " qui soit : Nathalie BOURGEOIS, Bernard
DENOLIEL et Stéfani de LOPPINOT a édité,
(sans doute galvanisé par Alain BERGALA ?..), un ouvrage
pontifiant sur " LATALANTE ", avec la bénédiction
de LA CINEMATHEQUE FRANCAISE et le blanchiment du PÔLE MEDITERANNEEN
DEDUCATION CINEMATOGRAPHIQUE.
Le coup est fort bien monté :
1) Il éclipse dun seul coup le livre de Pierre LHERMINIER
qui est mis aux oubliettes (La direction de la Cinémathèque
ayant changé de bord depuis 1985
).
2) Il savonne la planche des Editions RAMSAY qui ont ré-édité
louvrage de P.E SALES GOMES.
3) Il met en place une politique qui commence à vouloir insidieusement
revisiter le film restauré de VIGO.
Si lon excepte la sincérité des textes de Luce
VIGO, Emile BRETON et du merveilleux Jacques ROZIER,
tout le reste nest quonanisme pathologique et suffisance bourgeoise
: Mais quest ce que VIGO en avait à foutre de " LATALANTE
dans la mythologie Grecque " ou des notes sur le tatouage, dûes
à Robert DESNOS ?
Lui, VIGO, navait pas le temps pour tout cela.
Il avait un film à faire avec sujet imposé, un handicap
à rattraper auprès de GAUMONT/GFFA et JL.NOUNEZ (cf : Linterdiction
et léchec de " ZERO DE CONDUITE ") il était
en mauvaise santé, le savait et ne pouvait quagir que dans
la " fièvre de linstant ", comme le cite
si bien lexcellent Claude-Jean PHILIPPE dans son superbe
documentaire consacré à Jean VIGO (ENCYCLOPEDIE AUDIOVISUELLE
DU CINEMA Seuil Audiovisuel / Cinémathèque Gaumont).
Pourquoi va-t-on encore aujourdhui chercher des " poils sur
les ufs " sur le travail de VIGO ?
Encore une fois, et tous les survivants du film que jai
rencontrés en 1989/90 : Charles GOLDBLATT, Jean DASTE, Jean-Paul
ALPHEN, Jacqueline MORLAND, Paul GRIMAULT, Pierre MERLE et Henri STORCK
ont toujours insisté sur ce point : VIGO et sa
jeune équipe inexpérimentée nétaient
absolument pas conscients quils étaient en train de créer
lun des meilleurs films de toute lHistoire du Cinéma,
en tournant " LATALANTE ". Ils faisaient leur travail.
Un point, cest tout.
Ce qui fait dire sans hésitation que lactuel ouvrage
de la CINEMATHEQUE FRANCAISE et de ses sbires, en quête didentité
comme de reconnaissance, prêtent à VIGO comme à son
uvre, des intentions ou des métaphores qui ne lui sont vraisemblablement
jamais venues à lesprit !
Noublions pas quà la fin du tournage de son long-métrage,
le Gamin navait que 29 ans et son seul TALENT :Inouï, débordant,
sincère, inexplicable
Relisez Arthur RIMBAUD, que diable !
Alors ?.. Que se permettent décrire Nathalie BOURGEOIS et
sa clique daffabulateurs, brigueurs dhonneurs et soupçonnés
de rêver à LAcadémie Française ?
Rien qui ne ressemble, napproche ou même nexplique clairement
(puisque " LATALANTE " est désormais au programme
du Baccalauréat) la Poésie pure délivrée par
Jean VIGO, tout au long de son uvre.
Cest là le drame principal de ce livre.
Bien entendu, ni les " auteurs " ni lEditeur nont
fait appel à Pierre PHILIPPE ou à moi, pour participer à
cet ouvrage, même si nos noms et actions sont largement cités
tout au long de celui-ci ; ce qui en dit long sur lhonnêteté
des intentions et sur le courage des " responsables "
Reconnaissons cependant quil est cité en toutes lettres que
cest bien moi qui ai retrouvé la copie étalon de 1934,
au BFI en 1990, alors quà lépoque, Pierre PHILIPPE
(secondé par feu Gabrielle MAIRESSE, alors Attachée de Presse
chez GAUMONT), avait usé de toute son énergie pour tenter
détouffer la paternité de ma découverte, craignant
quelle fasse ombrage à son ego démesuré, si
connu dans la profession.
Et je serais même tenté de croire que cette " mise au
point " a plus été effectuée pour taquiner Pierre
PHILIPPE (Ah ! Les querelles de Cinémathèques
), que
pour me rendre justice !
Cette anecdote de la copie étalon de " LATALANTE "
retrouvée par mon obstination, 56 ans après son exportation
en Angleterre, me fait dénoncer aujourdhui limmobilisme,
la prétention et la bureaucratie poussièreuse qui font le
quotidien des gens qui vivent du Cinéma sans en faire et qui "
décident " de ce qui doit en être fait.
Que ce soit en France ou ailleurs, des fonctionnaires incultes et carriéristes
sont actuellement en place pour sauvegarder un Patrimoine quils
détruisent en fait jour après jour, à cause de leur
seule incompétence.
Ainsi, comment peut-on imaginer que la vraie copie de " LATALANTE
" de 1934 ait été retrouvée NON REPERTORIEE
au BFI, alors que javais au préalable, visionné sur
place, un tas de copies mutilées du même film et autres "
CHALAND QUI PASSE ", religieusement numérotées et fichées
sur informatique aux frais de la Couronne comme du contribuable Britanniques
?
Que dire également de la lamentable histoire de " JOUR DE
FETE " de Jacques TATI, (longtemps diffusé en N&B, faute
davoir pu être tiré en couleurs, suite à des
erreurs techniques de laboratoire et du fabricant de pellicule visant
à capter le chromatisme, mais tourné originellement en couleurs
en 1947), où les responsables des ARCHIVES DU FILM DE BOIS DARCY
ont bien voulu dire à ceux qui cherchaient à retrouver 40
ans plus tard, les originaux couleur en vue dune restauration, que
le seul matériel quils possédaient sur ce film était
des positifs en N&B ?
En fait, les " responsables " ne savaient pas que le film de
TATI avait été tourné sur procédé THOMSONCOLOR®,
basé sur le principe dune pellicule inversible N&B (donc
positive) à émulsion gaufrée, qui provoque par un
filtre spécial posé sur lobjectif, la diffraction
de la lumière et des couleurs primaires qui en découlent
!(Voir le brillant exposé de François EDE, dans "
JOUR DE FETE ", aux Editions Les Cahiers du Cinéma.)
Vous laurez compris : On confie des trésors à des
incapables, qui en plus, croient détenir une vérité
et vous lassènent en toute quiétude !
Cest avec ce même état desprit que Bernard EISENSCHITZ
sest pavané en parlant de " LATALANTE ",
lors du Festival de Bologne, en juillet 2001, au Journal LIBERATION dans
un article paru le 9 du même mois.
Découvrant avec stupeur, les imbécillités énoncées
par le Journaliste (Bernard WAINTROP) berné par son interlocuteur,
jai demandé un droit de réponse, le 27 juillet, que
je nai jamais obtenu:
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Monsieur,
Il y a bien longtemps que je ne lis plus LIBERATION, dans la mesure
où ce journal, jadis si novateur et sympathique, est devenu,
à la suite de deux septennats de Socialisme douteux et sous
la coupe du dévoyé Serge JULY, le chantre officiel
du " politiquement correct ", prôné en toute
vulgarité par la " fangissime gauche caviar ",
à laquelle vous semblez désormais appartenir.
Il ny a quà voir, par exemple, comment votre
collègue Gilles RENAULT, a tenté de défenestrer
le splendide long-métrage " CONFESSION DUN DRAGUEUR
" (Alain SORAL), actuellement sur les écrans, et qui
dénonce haut et fort, les faiblesses incontournables de votre
" catégorie " sociale.
Ainsi, cest " grâce " à quelques personnes
de mon entourage et respectueuses de mon travail, que jai
pu découvrir récemment et avec effroi, la stupidité
de vos écrits, fortement imprégnés de "
langue de bois ", visant à expliquer au lecteur naïf,
la tragique odyssée de " LATALANTE " de Jean
VIGO, à laquelle vous semblez en toute évidence, navoir
strictement rien compris.
Vous considérant dès lors comme un criminel culturel
en liberté, et faute de ne pas avoir le pouvoir de vous faire
séjourner dans une maison de correction, (démocratie
dévoyée oblige), je viens tout de même aujourdhui
fustiger et corriger votre patchwork dinepties, juste dans
le but sans doute improbable, de vous ramener vers un peu plus dhonnêteté
; car je finis par croire que cest finalement à cause
de gens comme vous que Miguel ALMEYREDA (Père de Jean VIGO),
a été " suicidé " dans sa cellule
:
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La double vie de "l'Atalante"
Le
Festival de Bologne a retracé la tumultueuse histoire du film de
Jean Vigo.
Par EDOUARD WAINTROP
Le lundi 9 juillet 2001
LIBERATION
Défiguré.
Le cinéma des années 20 ne sera pas le seul sujet d'étonnement
des festivaliers. La confrontation entre l'Atalante restauré
par la Gaumont au début des années 90, et la première
mouture d'Un chaland qui passe, version réputée honteuse
du même film, bouleverse également les idées reçues.
Jean Vigo tourne l'Atalante entre la fin 1933 et le début
1934, alors qu'il est déjà rongé par la tuberculose
qui va l'emporter l'été suivant.
Faux : Jean VIGO nest pas mort de la tuberculose. Bien
quayant contracté cette maladie et layant soignée
au sanatorium de Font-Romeu, VIGO est mort, atteint de septicémie,
le 5 octobre 1934.
Pendant qu'il se repose, le montage du film est
assuré par Chavance, technicien émérite choisi par
Gaumont Franco-Film Aubert. La société productrice se méfie
en effet du réalisateur dont le Zéro de conduite
vient d'être totalement interdit par la censure. En avril, Vigo
visionne le travail de Chavance et donne son accord global moyennant quelques
modifications de détail. Mais le film ne plaît ni aux exploitants
ni à la Gaumont.
Pour ma part, jaurais écrit : " chez GAUMONT ",
histoire de ne pas injurier la Langue Française
Après la mort de son metteur en scène,
les producteurs le font remonter, suppriment la musique originale de Maurice
Jaubert et "défigurent" le chef-d'uvre. C'est du
moins ce que l'on dit.
Vous ny êtes pas du tout !
" LATALANTE " a été remontée du vivant
de Jean VIGO et contre sa volonté, en " CHALAND QUI PASSE
" par le même Louis CHAVANCE.
Pierre MERLE : Assistant de VIGO sur le film, me la confirmé.
Jamais un spectateur Français na pu voir " LATALANTE
" dans sa version originale
Il ny a que lAngleterre qui a bénéficié
de ce privilège en 1934.
En France, le film a été uniquement distribué en
exclusivité le 12 septembre 1934, au cinéma Le Colisée,
40 Avenue des Champs Elysées, à Paris, dans la version remontée
sous les ordres des bouchers de GFFA, sous le titre : " LE CHALAND
QUI PASSE ".
À cette occasion et voulant montrer à VIGO, alité,
comment était présentée la publicité de son
film, Pierre MERLE a pris une photographie de la façade du cinéma
Colisée, que vous pouvez voir reproduite à la page 201 de
louvrage de Pierre LHERMINIER : " Jean Vigo uvre
de Cinéma " Editions Lherminier/La Cinémathèque
Française).
Dois je vous préciser quen septembre 1934, Jean VIGO était
encore de ce monde ?
Ainsi, je vous invite à vous documenter, avant de certifier les
sombres âneries que vous avez la naïveté de signer.
Deux versions.
Bâti désormais autour d'une chanson à succès,
le Chaland qui passe, premier et dernier long-métrage de
Vigo (3) n'obtient aucun succès. Repris en 1940, charcuté
encore plus, il n'arrive toujours pas à captiver son public. Après
la Libération, Henri Langlois découvre des plans coupés,
commence à remonter l'uvre. Elle est bientôt présentée
sous le titre de l'Atalante mais est encore incomplète.
En 1990, sur la base d'autres rushes et d'une copie retrouvée en
Angleterre, et qui semble être la version du montage approuvé
par Vigo lui-même, la Gaumont restaure l'Atalante. Plus tard,
on retrouve en Belgique la première version du Chaland qui passe.
Qui a pu vous raconter de telles sottises et comment avez vous été
assez bête pour y croire ?
Henri LANGLOIS dans sa tentative de restauration de 1950, na quasiment
rien rajouté à la version de 1940, remontée par les
services de FRANFILMDIS (Henri BEAUVAIS).
P.E SALES-GOMES le confirme dans son ouvrage sur Jean VIGO, aujourdhui
ré-édité chez RAMSAY.
Les véritables rushes inédits de " LATALANTE
", ont été découverts dabord sur le papier,
dans les archives écrites de la C.F, en 1986, par Pierre SIGAUD
: Directeur Administratif de La Cinémathèque Française(alors
présidée par Constantin COSTA-GAVRAS), qui en la personne
de Vincent PINEL, a jugé ces images et ces sons comme " inintéressants
et ne pouvant servir en aucune manière à une hypothétique
restauration de " LATALANTE ". ( !!!).
Pour en savoir plus, lisez mon compte-rendu de restauration joint à
ce courrier et vous verrez de quelle manière " croquignolesque
", la vérité a été mise à jour
par mes soins.
La Cinémathèque Française en rougit encore et vient
récemment de se " venger " de moi, en publiant à
mon insu et sans avoir la politesse de me consulter, un pitoyable ouvrage,
bouffi de suffisance, " digne " de Bernard-Henri LEVY et qui
tente, sous la tragique " direction " de Nathalie BOURGEOIS,
Bernard BENOLIEL et Stéfani de LOPPINOT, dexpliquer "
LATALANTE " au cinéphile mondain, avec des analyses
et de textes éffarants de stupidité, si lon excepte
les écrits de Luce VIGO et dEmile BRETON, toujours honnêtes
dans leurs propos.
Vous lirez par contre, dans mon compte rendu, dans quelles conditions
tragi-comiques, jai découvert et récupéré
en Angleterre, la copie GFFA 1934 de " LATALANTE "
du 1er montage de CHAVANCE.
Enfin, Monsieur, sachez quavant de commencer toute restauration
de " LATALANTE ", Pierre PHILIPPE & moi, avons vérifié
dans TOUTES les Cinémathèques du monde et dignes de ce nom,
TOUTES LES COPIES complètes et incomplètes de " LATALANTE
" comme du " CHALAND QUI PASSE ".
Cest ainsi quen décembre 1989, nous sommes rentrés
en contact avec La Cinémathèque Royale de Belgique, qui
a eu la courtoisie de nous expédier tout son matériel existant
concernant VIGO, y compris la première version du " CHALAND
QUI PASSE " qui na dailleurs été montée
par GFFA, quune seule et unique fois.
Franchement, si nous avions trouvé " la perle rare "
(en une hypothétique copie du " CHALAND QUI PASSE " plus
véridique que " LATALANTE " elle-même ; fait
aberrant en soi, quand on connaît la genèse du film
)
et totalement respectueuse des désirs de VIGO, jaurais, pour
ma part, immédiatement abandonné toute tentative de restauration
: Honnêteté oblige.
Vous affirmez donc et encore des inepties sans fondement valable.
Et ce sont ces deux fantômes du même
film, que Il Cinema Ritrovato présente en parallèle.
On découvre que le Chaland qui passe est plus fidèle
à l'Atalante qu'on ne le croyait jusqu'à présent.
Ce film bénéficie d'un montage images assez fidèle
à l'idée de Vigo et d'une cohérence globale qui préserve
sa poésie. De son côté, la version Gaumont est plus
discutable qu'on ne l'imaginait. On peut y percevoir des abus de restauration.
Par exemple, parmi les rushes réincorporés, il y en a que
Vigo avait sans doute lui-même abandonnés. Des plans parfois
beaux en soi mais qui ne fonctionnent pas dans l'ensemble. La fin a été
transformée par le responsable de la restauration qui la trouvait
ratée.
Alors là, Monsieur, vous exagérez et je finis par croire
que le vin italien récemment absorbé dans un dîner
semi- mondain organisé par le festival, a troublé votre
raison, lors de la projection Bolognaise !
Je vous donne ma Parole dHonneur que la restauration de " LATALANTE
", commanditée par GAUMONT et effectuée plus par mes
soins que ceux de Pierre PHILIPPE, (vite découragé par lampleur
du travail à effectuer), est absolument fidèle aux écrits
comme aux intentions de Jean VIGO.
Je puis dailleurs le prouver devant nimporte qui et à
plus forte raison, Vous ; ayant de mon côté, précieusement
conservé en archives, chaque document, action et étape de
la restauration du film, sachant quun jour ou lautre, un TRISSOTIN
tel que vous et donc, indigne du théâtre de MOLIERE, me reprocherait
davoir restauré le film, en midentifiant à un
VIOLET LE DUC de banlieue
Cependant, je dois vous avouer que je me suis violemment heurté
avec Pierre PHILIPPE, qui a absolument tenu, entre-autres bêtises,
à inclure un plan de Jean DASTE, lèchant un bloc de glace
et qui navait strictement rien à faire dans le montage de
la séquence restaurée.
Jai eu beau batailler, implorer
Rien ny a fait et GAUMONT
a préféré se ranger à lavis de Pierre
PHILIPPE,( seulement pour cette séquence, heureusement dailleurs
),
me laissant par la suite, toute " liberté " daction,
qui consistait pour ma part, à respecter au photogramme près,
les intentions de VIGO. (Les Cinéphiles du Monde entier ne sy
sont dailleurs pas trompés, si jen crois les réactions
unanimes qui ont salué la restauration du film et limportant
courrier que je continue à recevoir encore aujourdhui et
à ce sujet, depuis les quatre coins de la planète
)
Enfin, sachez que la restauration de " LATALANTE ", na
pas été effectuée par Amour du Cinéma par
GAUMONT : En effet, la puissante société sétait
aperçue que si lon ne modifiait pas le film dune manière
ou dune autre au montage, afin de renouveler le copyright ©,
les droits quelle possédait sur luvre tomberaient
dans le domaine public en 1990 !!!
" What a wonderful world ", isnt it ?..
Mais revenons à votre torchon :
Jai résolument du mal à croire quune personne
comme Madame Luce VIGO, aussi intègre, honnête et militante
de la Gauche la plus pure qui soit, puisse " retourner sa veste "
comme un " Socialiste bon teint ", de la manière que
vous décrivez :
Ces aberrations surprenantes ont été
soulignées par Luce Vigo, critique de cinéma et fille de
Jean Vigo, et Bernard Eisenschitz, historien du cinéma fin connaisseur
de l'uvre et de son destin tourmenté.
Si jai pu restaurer " LATALANTE ", à 29
ans et seul contre tous, cest à Luce VIGO que je le dois.
Comment aurais-je pu être assez salaud pour ne pas respecter les
intentions de son défunt Père, que jadmire entre tous
?
Je dois également souligner le formidable soutien que ma
apporté lextraordinaire Michel SCHMIDT, alors responsable
de la production de la restauration de " LATALANTE " chez
GAUMONT.
Durant toute la restauration du film, Luce a toujours été
la bienvenue au montage et je puis vous confirmer que jai toujours
été à son écoute, même si cela a souvent
agacé le fielleux Pierre PHILIPPE, clône dégénéré
dHenri LANGLOIS, taillable et corvéable à merci par
la maison GAUMONT, et espion patenté de cette dernière.
Oui, en vous lisant, jai du mal à croire que Luce VIGO ait
demandé à sa seule initiative, que cette restauration GAUMONT
© 1990, soi-disant ratée de " LATALANTE ",
soit dédiée à Antoine SAND, son Fils défunt,
et par la même, petit fils de Jean VIGO !
Ceût été un parjure !
Vous avez dû sans nul doute, mal interprété ses propos,
étant à cet instant grisé par le fait davoir
obtenu un carton dinvitation VIP au Festival de Bologne. (Une fois
nest pas coutume
).
Enfin, si Bernard EISENSCHITZ se prétend spécialiste de
VIGO, pourquoi nest-il pas venu nous voir à Joinville, comme
Pierre MERLE, Charles GOLDBLATT et bien dautres, lorsque la restauration
du film était en cours et que nos portes étaient grandes
ouvertes ?..
Sa connaissance sur le sujet nous aurait sûrement été
dun concours inestimable et nous aurait évité bien
des erreurs quil semble nous reprocher à ce jour
Ah ! Résistants de la dernière heure
Vous êtes
toujours bien là
À mettre dans le même sac que
Maurice PAPON !
Jen briserai là, Monsieur, en espérant de tout cur
quun jour prochain, de flamboyantes guillotines Révolutionnaires,
dressées à nouveau sur la place de la Concorde, viendront
trancher avec quelques autres, votre cou corrompu et qui semble maintenir
avec peine, une pauvre cervelle, sachant pertinemment que Vous et votre
Rédacteur en Chef naurez jamais le courage de me donner un
droit de réponse dans votre feuille de chou, en publiant ma lettre
in extenso !
Pour ne pas vous saluer !
JL.B
PS : Vous écrivez :
(3) Zéro de conduite est un moyen-métrage
de 45 minutes.
Non Monsieur ! Zéro de conduite est un moyen-métrage
de 47 minutes !
Jallais oublier !.. Quand je pense que le N° de téléphone
de votre journal se termine par 1789, cest à mourir de rire
!!!
===
Cette
fois-ci, la gangrène est belle est bien en place et dès
lors, une paire de ciseaux inquisiteurs sont offerts officiellement à
Bernard EISENSCHITZ (pour des raisons que je ne peux malheureusement
pas dévoiler ici car elles mettent en cause trop de personnes,
dont certaines, malhonnêtes mais en place, qui se feraient une joie
de me nuire et dautres, que je respecte, abusées par certains
" décideurs ", à qui je ne désire nullement
causer de la peine ou du tracas...), afin quil détruise
la restauration 1990 de " LATALANTE " pour faire place
à une version qui nest même pas celle du montage originel
de Louis CHAVANCE, et que GAUMONT puisse enfin sortir son " INTEGRALE
JEAN VIGO " sous forme de DVD, en y incluant " A PROPOS DE NICE
", seul film de VIGO dont sa Fille : Luce, était encore à
lors, propriétaire exclusive et de ce fait, nappartenant
toujours pas à GAUMONT qui en était fort marri.

" L'Intégrale DVD Jean Vigo "
Gaumont-Columbia Tristar Home Video
Format 1,33 - Vidéo 4/3 - Stéréo 2.0 - N&B -
Dolby® Digital GCT678 - 2 x DVD9
Le coffret DVD de l'intégrale de Jean Vigo est disponible depuis
janvier 2002.
Il contient pas mal de surprises : Des bonnes et de beaucoup moins bonnes...
LES BONNES SURPRISES
Le prix d'achat : 208 Frs (31,71 Euros).
Iconographie
De nombreuses photos, toutes connues, mais bien exploitées tout
au long des 2 DVD et du livret de présentation.
Le Journal de Jean Vigo redécouvert, même si Claude-Jean
Philippe nous l'avait très bien montré lors de son excellent
documentaire.
Présentation générale du coffret
Fort bien faite, sobre et élégante.
Question emballage et depuis le début de son existence, Gaumont
a toujours bien su présenter ses productions.
Extraits de la Correspondance de Jean Vigo
De bien belles lettres, très émouvantes et nous faisant
mieux comprendre la sensibilité comme la personnalité de
lArtiste.
"Cinéastes de notre temps : Jean Vigo" par Jacques
Rozier.
Un formidable document, sobre et généreux, traité
dans un style "nouvelle vague" (1964), absolument décapant
et dont le discours de ses intervenants est aussi capital que les ouvrages
de P.E Salès-Gomès et Pierre Lherminier, lorsque l'on veut
tout savoir sur Jean Vigo.
À ne louper sous aucun prétexte !
La Restauration du Son
L'ami Serge Bromberg (Lobster Films) en compagnie de ses collègues,
nous expliquent avec simplicité et efficacité, comment l'on
arrive à présent, à "nettoyer" les scories
techniques des bandes sons des films anciens.
Document très intéressant pour l'Étudiant ; même
si le parti pris de Bromberg de tout rénover coûte que coûte,
laisse parfois le cinéphile averti, comme certains cinéastes,
interrogatifs...
En cela, je pose le problème : Faut-il dénaturer un film
pour faire bouillir sa propre marmite ?
"À propos de Nice" / "Zéro de conduite"
Formidable restauration de la bande image où l'on peut enfin redécouvrir
tout le talent et l'ingéniosité du Chef-Opérateur
Boris Kaufman. (Un grand bravo aux Laboratoires Neyrac & Daems !).
Au fait, saviez vous que le Pierrot d"À propos de Nice"
qui danse avec les jolies jeunes filles filmées en contre-plongée,
n'est autre que Jean Vigo en personne ?
"Taris ou la Natation"
Le deuxième film de Jean Vigo, enfin ressorti des cartons, accompagné
d'actualités Gaumont nous montrant d'autres exploits de Jean Taris.
Réjouissant !
LES CHOSES DONT ON AURAIT PU SE PASSER
Le pompeux article de l'indécrottable François Truffaut,
en ouverture du livret et originellement écrit pour préfacer
louvrage de Pierre Lherminier.
Ne pas oublier que ce roi de l'opportunisme cinématographique,
avait eu, entre-autres, le culot de prendre à son compte la partition
de "l'Atalante", composée par Maurice Jaubert, pour illustrer
musicalement son long métrage "L'Histoire d'Adèle H".
"Nice, à propos de Jean Vigo" de Manoel de Oliveira.
Témoignages inutiles de Bertolucci & Anderson sur " Zéro
de conduite ".
Les "Harmoniques", qui font un pénible rapprochement
de l'uvre de Jean Vigo avec celles de certains cinéastes
: Lourd et ennuyeux.
LES MAUVAISES SURPRISES
On doit déplorer une profonde dénaturation de la bande sonore
des 3 films sonores de Jean Vigo par des excès de restauration
numérique.
Même si l'intention de départ est généreuse,
cela sonne creux et "plastique"...
Un travail de restauration sonore avait déjà été
fait sur "L'Atalante" en 1990 et sur "Zéro de Conduite"
en 1992.
Il était largement suffisant et de qualité. Aussi, pourquoi
le surmultiplier en 2001 ?
"Grandeur et décadence d'un petit commerce de cinéma",
dirait Jean-Luc Godard...
La Sonorisation d'"À propos de Nice"
Je me rappelle avoir présenté à Luce Vigo, en 1990,
une ébauche de sonorisation de ce film muet, tourné à
16 images/seconde.
Cette tentative était constituée d'enregistrements d'époque
que j'avais réussi à synchroniser avec l'image, en regrettant
toutefois que le télécinéma que j'avais pu récupérer
à ce moment-là, était effectué à 25
images/seconde.
Luce avait trouvé mon travail intéressant, mais l'avait
cependant gentiment rejeté en me disant qu'"À propos
de Nice" était avant tout un film muet et qu'il n'était
pas question de le sonoriser, dans la mesure où le rythme des images
composées par son Père et Boris Kaufman, constituait à
lui seul, la partition musicale virtuelle du film".
Devant cette imparable prise de position, je n'avais plus qu'à
m'effacer piteusement, en regrettant d'avoir osé prendre une telle
initiative...
2001 : "À propos de Nice" est sonorisé
sur des accents de musette et bruité numériquement dans
le style le plus vulgaire qui soit.
Quel retournement de veste ! C'est à peine croyable...
Sans compter que le film, originellement tourné à 16 images/seconde,
n'a toujours pas été ramené à sa cadence de
projection originale par les restaurateurs de chez Gaumont.
C'est regrettable, car le rythme même du film de Vigo (élaboré
à l'époque de la dernière année du muet :
1929) est dénaturé lorsqu'il est projeté à
25 images secondes, c'est à dire en accéléré.
Enfin, que vient faire dans le chapitre "À propos de Nice"
du DVD, le "concert" de Marc Perronne, dont personne n'a que
faire et dont l'accordéon souffreteux écorche (et en public,
encore !) les belles mélodies comme les profondes harmonies de
Maurice Jaubert, qu'il ne semble absolument pas maîtriser ?
Tout cela sent le copinage à plein nez et permet actuellement à
"l'artiste" de se pavaner dans divers festivals, bobines Vigoliennes
et piano à bretelles sous le bras.
Il n'y a pas de petits profits !
L'Atalante
La version restaurée de 1990 (et la plus complète à
ce jour) est définitivement mise au panier.
Bernard Eisenschitz, arrivant enfin à libérer son venin,
nous en donne une nouvelle version.
Certes, aucune restauration ne doit être figée, dans la mesure
où si elle peut être améliorée, il est nécessaire
de prendre exemple sur Pénélope, détissant sa tapisserie
et refaisant cent fois son ouvrage.
Mais dans le cas présent, l'uvre de Vigo revient à
son point de départ, c'est à dire dans le premier montage
de Louis Chavance, sur lequel d'ailleurs, Vigo désirait apporter
quelques modifications.(Cependant et malgré son désir de
retour aux sources imprégné dépuration, Eisenschitz
ne s'est pas privé de garder pour son compte, certaines initiatives
de la restauration de 1990 !).
À ce sujet, je vous
invite à vous connecter ICI
sur les séquences vidéo QuickTime® que jai sélectionnées
et commentées pour vous, afin dillustrer mon discours.
Dieu, que cela fait mal de voir son travail de restauration et des années
de recherches passer sous la coupe de l'inquisition, représentée
dans le DVD par les commentaires du "documentaire" de Bernard
Eisenschitz : "Les voyages de L'Atalante", qui ne restera quun
prétentieux pamphlet énoncé par " lauteur
", dune voix précieuse et monocorde et qui met gaillardement
son nom en avant par 2 fois dans les génériques début
& fin de ce quil ose appeler son " film " (un peu
de promotion personnelle ne nuit pas !).
Il faut entendre comment la restauration de 1990 est stigmatisée
par des sous-propos fielleux et dignes d'un Jésuite qui se serait
défroqué.
Eisenschitz est vraiment un dangereux intégriste (Mais d'où
détient-il toutes ces "vérités" qu'il assène,
voire à quel titre ?) et le jansénisme de son discours en
dit long sur ses propres frustrations cinématographiques...
Bref, le long-métrage de Vigo a été "revisité"
comme aurait pu le faire l'Office Catholique du Cinéma sous
le régime du Maréchal Pétain. (Voir et entendre lorsqu'Eisenschitz
parle de "perfection de mise en scène" chez Vigo, alors
que "L'Atalante" et "Zéro de Conduite" sont
truffés de fautes de grammaire cinématographiques, dont
tout cinéphile averti peut s'amuser à faire l'inventaire
mais dont tout le monde se moque puisque le génie est là.).
Le documentaire "Les Voyages de L'Atalante", propose une vision
très "intellectualisante" du travail de Vigo, qui ne
correspond absolument pas à la réalité.
Cette réalité que m'avaient expliqué en 1989/90,
les survivants du film : Charles Goldblatt, Pierre merle, Jacqueline Morland,
Jean Dasté, Henri Storck, Paul Grimault et Jean-Paul Alphen et
qui est par ailleurs révélée avec justesse et par
bien dautres encore, dans le film documentaire de Jacques Rozier,
réalisé en 1964.
À ce sujet et pour en briser avec cette triste initiative de revisite
de la restauration de "L'Atalante", je tiens à donner
copie d'un extrait de la lettre que j'ai adressée à un groupe
d'Enseignants du Lycée de Laon (représenté par Madame
Nadine Bécret)et qui me demandait aimablement de venir parler de
mon travail, après la projection du film qu'ils comptent organiser
au mois de mars 2002 pour leurs élèves, puisque l'on sait
que "L'Atalante" est au programme du baccalauréat :
Suite à la publication en lan 2000, dun ouvrage
fort discutable : " LATALANTE " (Editions LA CINEMATHEQUE
FRANCAISE / LES BELLES LETTRES) où mon action sur le film de Jean
VIGO a été stigmatisée par des théoriciens
abusifs, puis dun article de presse paru dans LIBERATION, le 09/07/01
sous la plume de Bernard WAINTROP (pour lequel je nai jamais pu
obtenir de droit de réponse), je viens dapprendre quun
groupuscule de terroristes intégristes et inquisiteurs de la pellicule,
venait tout récemment, pour des raisons obscures, voire politiques,
(mais de toutes manières, ne visant quà servir leurs
intérêts personnels), de saboter en toute légalité
la version de " LATALANTE " de Jean VIGO, que jai
restaurée en 1990 avec Pierre PHILIPPE, sur la demande à
l'époque, de Madame Luce VIGO et de la Société GAUMONT,
alors représentée pour cette occasion par Monsieur Michel
SCHMIDT.
Nayant absolument aucun droit physique et/ou moral sur le
film, sinon ma bonne foi, je ne puis aujourdhui créditer
ce désastre et il ne me reste quà assister, impuissant,
à la nouvelle diffusion du film " revisité " en
DVD, nanti dune bande sonore dénaturée et dune
nouvelle interprétation de montage, que seule lHistoire jugera.
De par ces regrettables événements effectués à
mon insu et sur lesquels lon ma volontairement écarté,
je ne puis à présent accepter de venir commenter en public,
une version de " LATALANTE ", que je récuse et
qui a été dirigée par une personne qui na jamais
touché un mètre de pellicule de sa vie, sinon dans ses fantasmes
les plus Freudiens.
En cela, chère Madame, je me dois de décliner votre sympathique
invitation, en laissant à dautres, la responsabilité
dexposer publiquement la malhonnêteté de leurs actions
et initiatives, comme cela a déjà été pratiqué
lors du dernier Festival du Film de Sarlat, le 1er novembre 2001 et le
sera encore, du 16 au 29 janvier 2002, à lInstitut de LImage
dAix en Provence.
Si les Elèves et les Professeurs du Lycée de Laon veulent
connaître en profondeur la somme de travail, de recherches et de
découvertes que jai pu effectuer sur le film de Jean VIGO,
ma présence nest pas nécessairement requise et je
les invite à consulter le site : www.jlbompoint.com , sur
lequel ils trouveront avec précision, toutes les réponses
à leurs questions et la véritable histoire de la restauration
de " LATALANTE ".

" Msieur ! I peut y
aller ?
Il a mal au ventre
" *
Pour la dernière fois, si Pierre Philippe & moi avons décidé
en commun accord avec GAUMONT de restituer en 1990, une version de "
LATALANTE " la plus complète qui soit, cest parce
que nous avons été immédiatement conscients (en rencontrant
tous ceux qui ont connu VIGO), du fait que cet Homme navait
pas de temps à perdre, lorsquil a tourné son
film et que tous les plans quil a enregistrés sur la pellicule
étaient conçus pour être utilisés au montage.
Dautre part et dun point de vue Historique, nous avons également
pensé que plus on donnait dinformations sur ce qua
créé un artiste disparu, mieux il était possible
dapprocher son uvre en profondeur.
Notre intention était donc généreuse, sans arrières
pensées et dépourvue didées créatrices
personnelles développées sur le film de VIGO et à
son insu ; même si cest le principal reproche que les
opposants à la version de 1990 semblent nous faire insidieusement
depuis 10 ans et aujourdhui au grand jour, en nous faisant passer
pour des malfrats du Cinéma.
Pour ma part, je nai eu quune seule idée fixe en restaurant
ce film : Restituer à Jean VIGO ce quon lui avait volé
et lui exaucer ce que le temps et/ou des gens mal intentionnés
, lui avaient empêché de concrétiser.
Mes archives personnelles et ouvertes à tous ceux qui le désirent,
sont là pour le prouver.
Enfin que lon ne se leurre pas : Si GAUMONT voulait à nouveau
bénéficier des droits du film qui allaient expirer en 1990,
il fallait en modifier le montage original pour renouveler le copyright.
Cest la Loi.
Cest dailleurs pour cette même raison et pour éviter
que le film dans la version montée par Louis Chavance revienne
à son état premier, que Bernard Eisenschitz, a conservé
des séquences dûes à la restauration de 1990 !
Le fait quil présente aux yeux de tous, la version restaurée
de 2001 comme celle de Louis Chavance, est une autre histoire dont nous
lui laissons la responsabilité. Car là-aussi, ni Pierre
Philippe ni moi navons été avertis par qui que ce
soit de chez GAUMONT ou dailleurs, du fait quune tierce personne
allait mettre à bas notre travail de restauration et se lapproprier
en toute légalité, pour mieux aller ensuite faire la roue
dans les Festivals et autres manifestations culturelles, accompagné
de ses complices.
Bien quétant régulièrement sollicité
pour venir parler de mon travail et de mes recherches sur " LATALANTE
", je suis aujourdhui obligé dêtre contraint
au silence, de refuser toute invitation et de passer la main à
des personnes qui nont pris aucun risque et qui nont jamais
mis les mains dans le cambouis du moteur de la péniche.
Il ne me reste donc plus que la voie démocratique de linternet
pour me libérer du bâillon que lon m a infligé
et faire part pour la dernière fois, à ceux qui voudront
bien me lire, de la tristesse que jéprouve vis à vis
de ce qui sest passé.
Mais bon... L'essentiel réside dans le fait que l'uvre de
Vigo soit encore diffusée devant le public le plus large.
Alors pour le reste... Oublions les mauvais coups et ne gardons que le
meilleur de l'Aventure.
"Heureuse vie à bord de "L'Atalante", Vive
VIGO lAnarchiste Poète ! Et quand à Bernard Eisenschitz,
je nai quune seule seule chose à lui déclarer:
" Monsieur Le Professeur, je vous dis merde ! " **.
À présent,courez vite vous procurer cet indispensable coffret
DVD et faites le découvrir à tous ceux qui nont pas
encore eu la chance de voir les films de Jean VIGO!
===
* & ** : Dialogues de " Zéro de Conduite ".
À
propos de la restauration de "L'Atalante" réalisée
en 1990 par Jean Louis Bompoint & Pierre Philippe.
© 1990- GAUMONT
Par
Patrick Perrotte
Enseignant Lycée Louis Feuillade Lunel 34
Membre de lAssociation des Enseignants de Cinéma : LES AILES
DU DESIR
patrick.perrotte@wanadoo.fr
http://www.naufrageur.com/add
Des
enseignants de l'Académie de Montpellier ont rencontré
à Alès (30) en Novembre 2001, Jean Louis Bompoint
pendant un stage de formation consacré à l'uvre de
Jean Vigo. Nous sortions à peine du festival de Sarlat
pendant lequel on nous a présenté "officiellement"
l'ultime version de ce film. On parlait alors d'un "retour aux sources"
en poussant vers la sortie la précédente version restaurée
par Jean Louis Bompoint. On reprochait à sa restauration
d'être tout simplement une compilation excessive. Une sorte de fourre-tout
contestable.
Jean Louis Bompoint n'était pas invité à
Sarlat. Et pourtant il y avait un atelier "restauration"
dans lequel il aurait certainement pu apporter des informations précieuses
sur son travail sur l'Atalante. C'est dommage car son témoignage
sur ses activités dans les archives Gaumont et en Angleterre
reste incontournable.
Ce sont les enseignants de Montpellier qui ont eu la chance de
dialoguer avec lui sur son travail et ses connaissances sur Jean Vigo.
Les informations que nous avons rassemblées montrent bien que son
travail de 1990 n'est pas une simple compilation approximative mais bien
un réel travail de restauration particulièrement soigné
et intelligent.
Le contenu de son intervention est largement reproduit sur son site
personnel
A la lecture de ce document on comprend vite que Jean Louis Bompoint
a réalisé un travail d'une ampleur remarquable sur l'Atalante.
Il accumulé des informations précieuses auprès des
gens qui ont participé à sa réalisation (techniciens,
acteurs, témoins, etc...). Sa grande connaissance de l'uvre
de Vigo et des détails sur la genèse du film comme
le déroulement du tournage nous permettent de mieux entrer dans
l'intimité du film.
Jean Louis Bompoint a contesté la nécessité
de faire une nouvelle restauration de l'Atalante. Pour mettre en
valeur cette nouvelle version, son propre travail de restauration été
dévalorisé. Il a les arguments pour se défendre et
compte intervenir dans ce sens, sur son site, puisque cest le seul
moyen quil lui reste pour sexprimer, étant donné,
que dautres ont pris officiellement sa place, pour parler du film.
Après sa conférence, Jean Louis Bompoint a répondu
à nos questions.
Extraits :
Où se trouve la copie originale de l'Atalante ? Vous n'avez
rien trouvé dans les archives ? Pas la moindre trace ?
Mais... Les négatifs ont été détruits pendant
l'occupation ! Il faut rappeler que le régime nazi avait une grande
considération pour le cinéma. C'était une des armes
principales du nazisme. Et Goebbels savait que les Français
(qui étaient un peuple désobéissant et frondeur),
ne se plieraient pas facilement à la discipline nazie. Pour remédier
à cela il a décidé d'utiliser le Cinéma eta
demandé à Alfred Greven (Producteur Allemand, Francophone,
rallié à la cause nazie et subordonné à Goebbels),
de prendre en charge le Cinéma Français. Ainsi sera fondé
le puissant groupe cinématographique "Continental".
Greven aura pour mission de créer des comédies légères
et insipides pour amuser le "bas peuple" et pour les intellectuels,
il sera chargé de produire des films dans lesquels les Français
se bouffent entre eux et se désespèrent. Regardez les films
comme le "Corbeau" , "L'assassin habite au 21",
"L'assassinat du Père Noël", etc... Il y a bien
un dénominateur commun à tous ses films. Remarquables d'ailleurs...
Mais dans ces uvres les Français se méfient, ils se
déchirent entre eux. Mais avant que Greven arrive en fonction,
la Gestapo aurait reçu l'ordre de détruire toutes les bobines
de films "subversifs". Alors vous pensez que les films interdits
par la censure ou des réalisateurs de gauche étaient en
première ligne. Vigo le premier, c'est le fils d'un anarchiste,
etc.. !
Avez vous trouvé des documents confirmant la destruction de
l'Atalante ?
C'est Pierre Merle* qui me la confirmé. Mais cela n'a
jamais été prouvé. Cela n'est d'ailleurs pas propre
à l'Atalante. On a un moment donné, parlé
de bombardements et d'autres d'histoires... En revanche, le négatif
original a bien été perdu. Cela est sûr. J'ai pour
ma part, cherché longtemps. J'ai tout retourné dans les
archives Gaumont, à la Cinémathèque de
Belgique, etc.. J'ai ennuyé les gens à la Cinémathèque
Suisse, etc.... Je n'ai rien trouvé. Le négatif a bien
été perdu.
(*) Assistant Réalisateur sur l'Atalante
Comment avez vous abordé le son ?
En 1990 quand nous avons restauré le son avec nos partenaires,
nous avions décidé de faire une toilette pour retirer des
scories et rendre certains dialogues plus compréhensibles, puis
clarifier la musique. Mais il n'était pas question de remettre
en cause la tonalité du style de l'époque, c'est à
dire le procédé à densité fixe " RADIO
CINEMA ". Pas question de faire à l'Atalante ce que
Violet-Leduc a fait sur certains monuments Français ! D'une
manière générale pour tout le film, il faut savoir
que nous avons, avec Pierre Philippe, suivi à la lettre
les instructions manuscrites de Jean Vigo (documents confiés
par Luce Vigo). Seuls deux petits passages ne me plaisent pas mais
ils ont été décidés par Pierre Philippe.
... Lesquels ?
Eh bien, il y a ce plan où Jean Dasté lèche
un bloc de glace en plein milieu de la séquence du phonographe.
Cela me semble stupide. J'étais pour ma part vraiment contre....
Quant au deuxième, Pierre Philippe a rajouté un peu
de réverbération sur le plan de l'avion au niveau du son.
Cela pour que la voix de Marthe Jaubert résonne dans le
noir de la pellicule.
... Et les motivations de la société Gaumont en 1990 ?
Gaumont ne pouvait pas faire autrement que d'ordonner en 1990 la
restauration de l'Atalante. Car le copyright allait tomber dans
le Domaine Public ! Pour cette restauration, on a dépensé
une petite fortune !
Quelles étaient les motivations de Nounez, le producteur
?
Nounez avait confiance. Il a vite perçu le talent de Vigo
(...). L'accord de production d'un film étant décidé,
Vigo qui détestait l'école et en gardait des souvenirs
douloureux, lui proposa de faire un film intitulé "Les
cancres". Il voulait critiquer l'institution scolaire, son système,
et mettre en évidence la soif de liberté qu'éprouvent
tous les enfants du monde entier. Nounez, qui avait un esprit ouvert,
accepta facilement. Il décida de prendre un distributeur sérieux.
Ce fut Gaumont. Nounez apportait l'argent et Gaumont le
matériel. Le tournage de " Zéro de conduite" pouvait
commencer ; mais dans un état de panique générale
car il n'y avait pas grand chose d'organisé. Dans ce contexte un
peu "amateur" régnait un climat assez joyeux. Bref, ils
tournent "Zéro de conduite" et Nounez,
qui a laissé toute liberté d'action à Vigo,
trouve le film amusant et sympathique. En revanche, du côté
de chez Gaumont la réaction est très négative
! Beaucoup de scènes sont contestées. Le Distributeur n'accepte
pas le manque d'autorité des profs, l'insolence des enfants, l'apparition
furtive d'un sexe d'enfant, etc... Il ne faut pas oublier que nous sommes
alors en 1933 autrement dit à la veille de grands événements
(...) Bref quand le film passe au comité de censure il est tout
simplement interdit. Voilà un cinéaste d'une vingtaine d'années
qui a eu la chance de rencontrer un mécène généreux
et qui de plus, a eu comme distributeur, la très sérieuse
société Gaumont, voit au bout du compte son premier
film interdit !! C'est donc une carrière qui commence de manière
catastrophique. Mais cela n'a pas fait fuir Nounez qui a pourtant beaucoup
perdu dargent dans cette affaire. Bien au contraire il s'engagea
dans une nouvelle production avec Vigo mais en imposant cette fois ci,
le choix du scénario. A l'opposé des thèmes provocateurs,
il chercha un sujet "insipide". Il avait parmi les connaissances
de son épouse un certain Jean Guinée qui avait pondu une
histoire bien simple d'un couple sur une péniche. Pour Nounez
c'était le sujet de film idéal. Persuadé que le talent
de Vigo transfigurera cette banale (et même stupide) histoire
d'amour. Je trouve que Nounez a eu un éclair d'intelligence.
Vigo a assez vite réalisé qu'i devait prendre sa chance.
Il confia un jour à Albert Riéra en évoquant
le scénario " ... Mais que veux tu que je fasse de ça
?". Albert Riéra qui est quelqu'un de très doux
lui a répondu " ...D'accord cette histoire est sans saveur.Mais
c'est à toi de la rendre intéressante". En discutant
avec Pierre Merle & Riéra, Vigo commença à
mijoter des ressources. Et puis la veille il avait rencontré, grâce
à Riéra, Michel Simon dans sa loge au théâtre.
Pour lui c'était un acteur formidable. Simon fut emballé
par la personnalité de Vigo "le fils de l'anarchiste".
Il donna son accord à Vigo qui voyait en lui un "Père
Jules" idéal.(...) Vigo trouva aussi un élément
intéressant dans le scénario qui allait donner la modernité
au film : C'était la première fois qu'on abordait au Cinéma,
un problème d'un jeune couple à peine marié. Alors
qu'en général il s'agissait surtout des histoires de couples
tirées du théâtre de boulevard.
À partir de là, le scénario a été réalisé
rapidement. (...)
Quelle était l'ambiance sur le tournage ?
Pour tourner le film ils n'avaient pas beaucoup de temps. Tout a été
tourné d'une manière très spontanée. Ceci
donne encore aujourd'hui une indéniable fraîcheur au film.
Il n'y avait pas beaucoup de répétitions. Beaucoup de rôles
secondaires sont tenus par des non-professionnels (des amis en général).
Tout ce petit monde s'est retrouvé pour le tournage et personne
ne se prenait vraiment au sérieux. Vigo était très
gentil et ils avaient presque tous le même âge. Etc ... Par
la suite, à la projection, on a trouvé une véritable
poésie dans les images. Mais si vous regardez bien " LATALANTE
", vous constaterez un grand nombre d'erreurs techniques dans les
raccords, dans l'éclairage, au niveau du son. On peut même
affirmer que la continuité dialoguée ne tient pas debout.
Mais grâce à une alchimie particulière ce film est
une réussite. Le scénario était un peu fou mais assez
simple pour permettre une certaine improvisation. Tous les comédiens
étaient reliés à la cause de Vigo. Ils étaient
tous amis. C'était le cas de Gilles Margaritis qui blaguait
souvent avec Vigo pendant et en dehors du tournage. Ils ont d'ailleurs
perdu pas mal de temps à cause de cela ... Avant le film Vigo
et Margaritis s'amusaient beaucoup a faire des batailles d'ufs,
des concours pour connaître le meilleur buveur de vin blanc au restaurant
" La Coupole ", etc ... Tous les deux étaient des farceurs
! Un jour, à La Coupole, Vigo proposa à Margaritis
de jouer dans son film. Ce dernier accepta à une condition : Qu'il
ne lui demande pas de chanter ! Ce fut bien entendu le contraire qui arriva
! Vigo le farceur demanda à Maurice Jaubert et Charles
Goldblatt de composer immédiatement une chanson pour Margaritis.
Et pour le tournage de la scène il y a eu 53 prises ! Margaritis
ne s'en sortait pas car la musique de Jaubert était compliquée
et les paroles de Goldblatt assez alambiquées. Le tout étant
enregistré en direct ! Mais cela amusait Vigo de voir son
ami Margaritis dans une telle situation. Jacqueline Morland la Scripte
du film, nous a dit que : " C'était terrible quand nous avons
tourné cette scène ! Vigo tournait avec deux caméras
et les bobines s'accumulaient ! Margaritis ne s'en sortait pas. Le Directeur
de Production s'arrachait les cheveux. Et Vigo lui, s'amusait beaucoup
! " Ceci permet de montrer l'ambiance du film. Il y a une autre anecdote
qui me vient à l'esprit à propos de la scène où
Jean Dasté plonge dans l'eau depuis la péniche. C'était
l'hiver 1933 et il a fallu casser la glace. Dasté qui était
au bord de la péniche ne savait pas trop ce qu'il devait faire.
Vigo lui cria "Tu sautes et tu remontes !". Dans son
dos tous les assistants et les machinistes reprirent dune seule
voix, le commentaire désabusé du Marinier, responsable de
la péniche : "Si... il remonte" ! On se demande si cette
plongée de Dasté était vraiment prévue dans
le scénario. Il s'agissait peut-être d'une nouvelle facétie
de Vigo
Mais en fait, non. Le Poète avait bien sa
petite idée derrière la tête en demandant à
son acteur de jouer cette scène impossible.
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